Ouvrages spécifiques
Démolir une cheminée : foyer, conduit et sortie de toiture
Démolir une cheminée, ce n’est pas seulement casser un foyer dans le salon : c’est souvent retirer un conduit maçonné qui traverse plusieurs dalles, une souche qui sort de la toiture et, parfois, des matériaux isolants qui peuvent contenir de l’amiante. Derrière la recherche « démolition cheminée », il y a donc presque toujours trois chantiers en un : l’intérieur, la structure et la toiture. Avant le premier coup de marteau, il faut vérifier la statique, les polluants et les démarches auprès de la commune et du ramoneur. Ensuite, on démonte de haut en bas, on referme les trémies et on rend la toiture étanche. Voici comment se déroule ce chantier et ce que vous devez préparer.
Sommaire
Foyer, insert, conduit, souche : ce que l’on démolit vraiment
Le mot « cheminée » recouvre plusieurs ouvrages qui ne se démolissent pas de la même manière. Avant de demander une offre, identifiez précisément ce que vous voulez retirer et ce que vous souhaitez garder.
Le foyer ouvert ou l’insert
C’est la partie visible dans la pièce : le foyer maçonné, son habillage (pierre, brique, crépi, carrelage), sa hotte et, le cas échéant, l’insert ou la cassette métallique posée à l’intérieur. Le foyer repose souvent sur une dalle et peut être très lourd. Une fois l’habillage retiré, on découvre fréquemment des isolants, des joints ou des plaques de protection derrière ou autour de l’appareil.
Le conduit de fumée
Le conduit monte du foyer jusqu’au toit, en traversant les étages, les planchers et parfois des pièces qui n’ont rien à voir avec le salon : une chambre, des combles, un galetas. Il peut être maçonné (briques, éléments en terre cuite ou en béton), tubé à l’intérieur, ou réalisé en fibrociment dans les bâtiments plus anciens. Chaque traversée de dalle ou de plancher laisse, une fois le conduit retiré, une trémie à refermer.
La souche et la sortie de toiture
La partie qui dépasse du toit, la souche, est exposée aux intempéries et raccordée à la couverture par des ferblanteries et des solins. C’est souvent le point le plus délicat du chantier : la démolir implique de travailler en hauteur et de reprendre la couverture pour éviter toute infiltration.

Avant les travaux : trois vérifications indispensables
La statique : la cheminée porte-t-elle autre chose ?
Un conduit maçonné est un élément lourd, ancré dans la structure. Dans certaines maisons, il soutient une poutre, une panne de charpente ou une partie de plancher, ou il est lié à un mur porteur. À l’inverse, les dalles et les planchers ont parfois été dimensionnés en tenant compte de sa présence. Retirer le conduit modifie donc la répartition des charges. En cas de doute, et toujours lorsque la cheminée semble liée à la charpente ou à un mur porteur, faites vérifier la situation par un ingénieur civil avant la démolition. Il indiquera si un étayage provisoire ou un renfort est nécessaire au moment d’ouvrir les trémies.
Les polluants : amiante dans les isolants et les joints
Dans un bâtiment construit ou rénové avant 1990, année de l’interdiction de l’amiante en Suisse, la cheminée fait partie des endroits à contrôler. La brochure « Amiante dans les maisons » de l’Office fédéral de la santé publique cite notamment le carton d’amiante utilisé comme isolant dans les cheminées et les fourneaux, les cordons à forte teneur en amiante employés comme joints anti-feu dans des poêles et des chaudières, ainsi que des panneaux légers utilisés pour les conduites d’évacuation de la fumée. Ces matériaux sont faiblement liés : leur démontage doit être confié à des entreprises spécialisées.
Concrètement, ces éléments doivent figurer dans le périmètre du diagnostic amiante réalisé avant les travaux. Les conduits en fibrociment, où l’amiante est fortement lié, obéissent à d’autres règles : ils ne doivent être ni cassés ni sciés, une question propre aux produits en fibrociment.
Les démarches : commune et ramoneur
En Valais, l’ordonnance cantonale sur les constructions (OC, recueil valaisan n° 705.100) soumet à autorisation de construire la démolition totale ou partielle de constructions et installations existantes, et cite les cheminées parmi les installations visées lorsqu’une partie est posée à l’extérieur du bâtiment. Elle exempte en revanche, sous réserve de règles communales plus restrictives, les modifications apportées à l’intérieur des bâtiments.
Retirer un simple foyer intérieur et retirer une souche qui modifie l’aspect de la toiture ne relèvent donc pas forcément de la même procédure. Le plus sûr est de décrire votre projet à la commune avant de commencer ; dans les autres cantons romands, la démarche est la même, mais les règles applicables sont celles du canton et de la commune.
Pensez aussi au ramoneur. En Valais, le ramonage est un service officiel exercé par des concessionnaires attribués par secteur, comme l’explique la page de l’Office cantonal du feu. L’ordonnance cantonale sur l’entretien et le contrôle des installations recevant du feu ou des fumées (recueil valaisan n° 540.101) charge le concessionnaire de tenir l’inventaire des installations de son secteur. Prévenez-le donc de la suppression de la cheminée : il pourra mettre son inventaire à jour et vous conseiller, par exemple si un autre appareil est raccordé à un conduit voisin.
L’ordre des opérations sur le chantier
Une démolition de cheminée se fait presque toujours à la main ou avec de petits outils électroportatifs : on travaille à l’intérieur d’un logement, souvent à l’étage, et il n’est pas question d’ébranler la structure. L’ordre est généralement le suivant :
- Mise hors service et nettoyage du conduit. Le foyer n’est plus utilisé, il est froid, et un dernier ramonage limite la quantité de suie qui retombera lors du démontage.
- Désamiantage si nécessaire. Si le diagnostic a révélé des matériaux amiantés, ils sont retirés par une entreprise reconnue avant toute démolition.
- Protections. Bâchage des sols et des meubles conservés, cloisonnement provisoire des pièces, protection de la cage d’escalier par laquelle les gravats seront évacués.
- Démontage de la souche. On commence par le haut, depuis la toiture, avec des protections contre les chutes. La couverture est provisoirement fermée le jour même si le chantier n’est pas terminé.
- Démontage du conduit, étage par étage. On descend progressivement, en ouvrant les traversées de planchers et de dalles avec précaution et en étayant si l’ingénieur l’a prévu.
- Démolition du foyer et de son habillage. En dernier, parce que c’est la partie la plus massive et qu’elle sert souvent d’appui pendant le démontage des parties supérieures.
- Tri et évacuation. Briques, pierres, béton, métal de l’insert et ferblanteries sont triés et évacués vers les filières adaptées.
- Fermeture des trémies. Les ouvertures dans les planchers et les dalles sont refermées selon leur structure (bois, béton), pour permettre la pose des nouveaux revêtements.

Démolition cheminée : quel budget prévoir ?
Pour une cheminée courante, les montants publiés en Suisse se comptent en milliers de francs, pas en dizaines de milliers. Le calculateur de coûts d’Ofri, établi sur 82 prix analysés pour « démanteler une cheminée », situe ce travail entre CHF 1 150 et CHF 2 950, avec un niveau moyen de CHF 1 895. La plateforme ne précise ni le périmètre exact (foyer seul ou conduit complet), ni si les montants s’entendent hors taxes ou TVA comprise.
Ces chiffres donnent un ordre de grandeur, mais votre budget dépendra surtout de quatre postes :
- la hauteur du conduit et le nombre de planchers ou de dalles traversés, donc de trémies à refermer ;
- la souche en toiture : accès, protections contre les chutes et reprise de la couverture par un couvreur ou un ferblantier ;
- les polluants : un désamiantage éventuel est chiffré à part par une entreprise reconnue par la Suva ;
- la statique : avis d’un ingénieur, étayage ou renfort si la cheminée participe à la structure.
Demandez une offre qui sépare ces postes : c’est la seule façon de comparer deux entreprises et d’éviter un supplément au moment de refermer la toiture.

La sortie de toiture : refermer et rendre étanche
C’est l’étape que l’on sous-estime le plus. Une fois la souche démolie, il reste un trou dans la couverture, une ouverture dans la charpente ou dans la dalle de toiture, et des ferblanteries qui n’ont plus de raison d’être. Il faut :
- refermer l’ouverture dans la structure du toit (chevêtre, lattage, voligeage ou dalle selon le type de toiture) ;
- compléter la sous-couverture et l’isolation si elles existent ;
- reposer une couverture identique à l’existante (tuiles, ardoises, tôle) et adapter les ferblanteries ;
- vérifier l’ensemble après les premières pluies.
Coordonnez cette étape avec un couvreur ou un ferblantier dès la préparation du chantier : la toiture ne doit pas rester ouverte, surtout en automne et en hiver, et en altitude les fenêtres météo sont courtes. Si la toiture est elle-même à refaire, retirer la souche au moment de la réfection est souvent la solution la plus simple.
Garder le conduit ou tout démolir ?
Tout retirer n’est pas toujours la meilleure option. Plusieurs scénarios sont possibles, et le choix dépend de votre projet de rénovation :
- Démolir uniquement le foyer et conserver le conduit, par exemple pour raccorder plus tard un poêle. Le conduit devra alors être contrôlé par le ramoneur avant toute nouvelle mise en service.
- Démolir le foyer et le conduit à l’intérieur, en conservant la souche si son retrait pose problème en toiture. Le conduit restant doit alors être fermé proprement en haut et en bas.
- Tout démolir, de la souche au foyer, pour récupérer de la surface dans chaque pièce traversée. C’est l’option la plus complète, mais aussi celle qui touche le plus d’éléments : planchers, toiture, parfois charpente.
Les poêles et fourneaux, notamment les fourneaux en pierre ollaire que l’on trouve dans de nombreuses maisons valaisannes, posent des questions différentes de poids, de transport et de réemploi, qui sortent du cadre de cet article. Si la démolition de la cheminée s’inscrit dans une rénovation plus large, notre guide sur la démolition intérieure avant rénovation détaille l’ordre des travaux dans le reste du logement.
Qui fait quoi : les intervenants d’une démolition de cheminée
Un chantier de cheminée mobilise plusieurs métiers. Les identifier dès le départ évite qu’une étape reste sans responsable.
| Intervenant | Rôle | Quand l’appeler |
|---|---|---|
| Commune | Indique si une autorisation est nécessaire, notamment quand la souche modifie la toiture | Avant toute date de chantier |
| Diagnostiqueur des polluants | Analyse isolants, joints et panneaux suspects | Avant de demander les offres, pour un bâtiment d’avant 1990 |
| Ingénieur civil | Vérifie si la cheminée porte une poutre, une panne ou un plancher | Dès qu’un doute existe sur la statique |
| Entreprise de démolition | Protections, dépose de haut en bas, tri, évacuation, fermeture des trémies | Après le diagnostic, pour une offre détaillée |
| Couvreur ou ferblantier | Referme la couverture et adapte les ferblanteries | À planifier le même jour que la dépose de la souche |
| Ramoneur | Met à jour son inventaire et contrôle un conduit conservé | Avant les travaux et avant toute nouvelle mise en service |
Sur le terrain : comment nous procédons chez RBD
Chez RBD, une demande de démolition de cheminée commence par une visite. Nous suivons le conduit de la cave ou du rez jusqu’aux combles et à la toiture, pour savoir exactement ce qu’il traverse, comment il est appuyé et comment la souche est raccordée à la couverture. Pour un bâtiment d’avant 1991, nous demandons le diagnostic des polluants : sans lui, nous ne chiffrons pas les travaux.

Si le diagnostic révèle de l’amiante, RBD ne le retire pas elle-même. Nous coordonnons l’intervention d’une entreprise de désamiantage reconnue par la Suva, puis nous prenons en charge la préparation, la sécurisation, la démolition et l’évacuation. Notre offre détaille les éléments démolis, les protections, le tri des matériaux et la fermeture des trémies, et précise ce qui relève d’autres corps de métier, comme la reprise de la couverture ou un renfort prévu par l’ingénieur. Ce type d’intervention fait partie de nos travaux de déconstruction sélective et de démolition intérieure, réalisés dans le respect de l’OTConst et des directives de la Suva.
Une cheminée à retirer avant votre rénovation ?
RBD analyse le conduit de la cave à la toiture, coordonne le contrôle des polluants et réalise le démontage, le tri et l’évacuation des matériaux, en Valais et en Suisse romande.
Démolition cheminée : questions fréquentes
Peut-on enlever une cheminée pour installer un poêle ?
Oui, et c’est un cas fréquent. On démolit alors le foyer et son habillage en conservant le conduit, qui doit être contrôlé par le ramoneur avant le raccordement du nouvel appareil. Les poêles et fourneaux eux-mêmes, notamment en pierre ollaire, posent d’autres questions de poids et de transport.
Faut-il une autorisation pour démolir une cheminée ?
Cela dépend de ce que vous retirez et de votre commune. En Valais, l’ordonnance sur les constructions soumet à autorisation la démolition totale ou partielle d’installations existantes et vise les cheminées dont une partie se trouve à l’extérieur du bâtiment, tandis que les modifications intérieures en sont en principe exemptées. Décrivez votre projet à la commune avant de commencer.
Peut-on démolir le foyer et garder le conduit ?
Oui, c’est fréquent quand on prévoit d’installer plus tard un poêle. Le conduit est alors fermé proprement, puis contrôlé par le ramoneur avant toute nouvelle mise en service.
Une cheminée peut-elle contenir de l’amiante ?
Oui, dans un bâtiment d’avant 1990. L’OFSP cite le carton d’amiante utilisé comme isolant dans les cheminées et les fourneaux, des joints anti-feu et des panneaux légers dans les conduits de fumée. Seule une analyse en laboratoire permet de le confirmer : ces éléments doivent être inclus dans le diagnostic.
Combien de temps dure la démolition d’une cheminée ?
La durée dépend de la hauteur du conduit, du nombre d’étages traversés, de l’accès à la toiture, d’un éventuel désamiantage et de la fermeture des trémies. Nous l’indiquons dans notre offre après la visite, en coordination avec les autres corps de métier.
Préparer la démolition de votre cheminée
Pour une démolition cheminée sans mauvaise surprise, retenez l’essentiel : une cheminée se démolit de haut en bas, après avoir vérifié la statique, les polluants et les démarches, et le chantier n’est terminé que lorsque les trémies sont refermées et la toiture étanche. En préparant ces points dès le départ, vous évitez les mauvaises surprises en cours de rénovation. Pour un projet en Valais ou en Suisse romande, contactez RBDéconstruction ou appelez le +41 79 103 58 19.